Le député de Paris Christophe Caresche, membre du pôle écologique du Parti socialiste, déplore l’opposition de Ségolène Royal à la taxe carbone, mais se satisfait de l’adhésion du PS au principe de cette mesure et propose les modalités d’application de celle-ci.
Êtes-vous surpris par les déclarations de Ségolène Royal concernant la taxe carbone ?
Oui, car elle avait jusqu’à présent toujours manifesté une sensibilité écologique. Je m’attendais à ce qu’elle défende le principe de cette taxe. D’autant plus qu’elle figurait dans son programme électoral et dans le pacte écologique qu’elle avait signé en 2007. Manifestement, elle a changé d’avis.
Elle propose de taxer les compagnies pétrolières plutôt que les particuliers. Est-ce une solution ?
Cette mesure ne pourrait en aucun cas se substituer à la taxe carbone. Elle ne remplirait pas le même objectif. Taxer les profits des compagnies pétrolières répond à une question de justice, mais n’a rien d’écologique. L’objectif de la taxe carbone est de changer le comportement des consommateurs et pour cela, elle doit avoir un coût dissuasif.
La prise de position de la direction du Parti socialiste, qui a accepté le principe de cette taxe, vous satisfait-elle ?
C’est une position qui va dans le bon sens. Je ne pense pas que cela ait été spontané, mais je suis heureux que Martine Aubry ait confirmé ce matin l’adhésion du PS à cette idée et qu’un groupe de travail soit constitué pour en définir les modalités d’application.
Justement, quelles devraient être, selon vous, ces modalités ?
Je souhaiterais que le dispositif proposé par la commission Rocard soit adopté. Tout d’abord, le prix de la tonne de CO2 doit être fixé aux alentours de 30 euros, et non pas 15 euros comme proposé par le gouvernement. Si la tonne de CO2 n’est pas assez taxée, il n’y aura pas d’évolution des comportements et cette mesure ne servira à rien. Nous souhaitons également élargir le périmètre de la taxe carbone à l’électricité. Enfin, pour que cet impôt soit socialement juste, il faut mettre en place des compensations pour les ménages les plus modestes, sous la forme d’une aide financière ou d’une diminution de la TVA sur les produits de première nécessité. Mais le coût de cette taxe doit rester suffisamment élevé pour être dissuasif.
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