Carrières

03/06/2008
Quai d’Orsay
Trop de hauts fonctionnaires ?
Un rapport du Sénat estime que le nombre de diplomates de haut niveau excède celui des postes disponibles. Parmi les propositions : des incitations au départ et à la mobilité.

Il y a trop de hauts fonctionnaires au Quai d’Orsay par rapport au nombre de postes, selon le constat dressé par le sénateur Adrien Gouteyron (UMP). Le rapporteur spécial de la mission "Action extérieure de l’État" pointe du doigt une "tension persistante et préoccupante dans le déroulement de carrière des diplomates". Selon lui, l’écart reste important entre les grades les plus élevés du Quai d’Orsay (370) et les postes à responsabilité équivalente (300). Un haut fonctionnaire sur cinq est donc affecté à "des postes dont le nombre pourrait être réduit, s’agissant par exemple des chargés de mission, estime le rapporteur, et, pour partie, à des postes qui devraient être occupés par des agents plus jeunes".
Si rien n’est fait pour favoriser le départ ou la mobilité de ces diplomates, le blocage des carrières risque de s’amplifier, compte tenu de la rationalisation des structures prévue par la Révision générale des politiques publiques (RGPP). Deux autres facteurs de tension : le rapprochement des corps des conseillers des affaires économiques et des affaires étrangères ; et l’ouverture du métier d’ambassadeur à des profils moins classiques, comme en témoignent la récente nomination de Daniel Rondeau, à Malte, ou celle de Jean-Christophe Rufin, au Sénégal, en 2007.

Une prime de départ
Adrien Gouteyron regrette les retards pris par le contrat de modernisation 2006-2008, signé entre le ministère des Affaires étrangères et Bercy, qui prévoyait la suppression de 73 postes d’encadrement supérieur. Selon le sénateur, la politique active de placement des cadres en dehors du ministère reste "très embryonnaire".
Pour sortir de cette situation de quasi-blocage, il suggère de profiter de la future loi sur la mobilité des fonctionnaires, en favorisant les départs. Parmi les diplomates de haut niveau, en fin de carrière, 70 seraient encouragés à changer d’administration ou à partir, en échange du versement de deux années de rémunération. Ce pécule serait "financé par le fonds de modernisation de l’État annoncé par le président de la République". Pour les diplomates plus jeunes, âgés de 40 à 50 ans, un plan "deuxième carrière" serait mis en place le plus tôt possible, avec une incitation à la reconversion vers le secteur privé. Adrien Gouteyron préconise de créer au Quai d’Orsay une cellule de reclassement, faisant appel à des cabinets privés.