Jacques Chirac est sorti de la cure de silence qu’il s’était imposé. L’ancien Président accorde pour la première fois une interview à la presse écrite, publiée vendredi dans Le Figaro. Et c’est un entretien qui tombe à pic ! Sous le feu des projecteurs depuis son déjeuner en compagnie de Nicolas Sarkozy mercredi, Jacques Chirac lance en effet sa Fondation lundi prochain au Musée du quai Branly.
Mais l’ancien résident de l’Elysée en profite aussi, à mots couverts, pour donner son avis sur la politique du gouvernement à la veille de la présidence française de l’Union européenne. En ligne de mire par exemple, la réforme des institutions qui provoque des dissensions au sein de la majorité. « Je suis très respectueux des institutions de la Ve. Moins on les touche, mieux ça vaut », commente Jacques Chirac. Tout est dit. Des propos qui reflètent bien l’atmosphère de réserve qui entoure les proches de Jacques Chirac, des parlementaires au Président du Conseil constitutionnel, Jean-Louis Debré.
L’ancien chef de l’Etat revient sur la scène politique en commentateur affiné… et aiguisé. Son statut de Président à la retraite lui procure une aura toute particulière, propice aux conseils et aux points de vue spécialistes. Et pourtant ! Il précise qu’il n’a « pas vocation à critiquer, ni à donner de conseils à [son] successeur ». Une allusion directe aux propos qu’aurait tenu Nicolas Sarkozy à son encontre début mai, lors de la célébration de son premier anniversaire, qui réunissait, à l’Elysée, plus de 200 députés UMP.
Selon plusieurs participants, le Président aurait déclaré : « Chirac a mis 21 ans à se faire élire. Moi, je l'ai été du premier coup », « Il a fait une réforme et demie, son premier septennat s'est arrêté en décembre 1995 sur un recul sur la réforme des régimes spéciaux » ou encore « Moi, je n'ai pas l'obsession de durer et je mène tout de front ». Ambiance. Mais que les Français se rassurent, Jacques Chirac ne semble pas en tenir rigueur à Nicolas Sarkozy si l’on en croit l’interview du Figaro. « Je ne vous surprendrai pas en disant que je n’ai pas remarqué [ces critiques] », prévient-il. La hache de guerre est-elle officiellement enterrée ? Pas si sûr. Car si l’ancien Président évoque un « déjeuner cordial et intéressant » en compagnie de Nicolas Sarkozy, il précise également qu’il est en bonne santé. Un message clair qui annonce qu’il faudra désormais compter avec lui.
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