La vie politique

07/07/2009
PS
"Nous avons été déçus par la réponse de Martine Aubry"
Le député de Paris Christophe Caresche, animateur du pôle écologique du PS, revient sur le rassemblement de la gauche et sur l'attitude de son parti face au succès d'Europe Écologie.

L'appel au rassemblement de la "gauche-écologie" par Harlem Désir en vue du premier tour des élections régionales vous paraît-il approprié ?

C'est un peu gros, il y a une naïveté à penser qu'Europe Écologie va être la roue de secours du PS pour les régionales, alors qu'après leur succès aux élections européennes, ils ont une formidable opportunité qui s'ouvre à eux.

Comment jugez-vous l'analyse que fait le PS du succès d'Europe Écologie ?

Nous avons été déçus par la réponse de Martine Aubry qui, dans sa dernière interview au Monde, a ramené la question écologique à une caricature. Le PS, qui reste proche du productivisme, apparaît très crispé sur ses valeurs. Il a du mal à intégrer les apports extérieurs. La direction n'a pas pris en compte la question de la priorité écologique et procède à une analyse très classique de l'avenir en souhaitant un accord d'appareil à appareil avec les écologistes et en leur disant : "On s'allie, mais chacun reste chez soi". Une analyse aux antipodes de la stratégie de Daniel Cohn-Bendit qui, lui, s'est d'abord attaché au fond.

Les institutions du PS sont-elles compatibles avec cette mutation que vous appelez de vos vœux ?

Le parti n'est plus capable d'avoir en interne un débat démocratique digne de ce nom. L'organisation du système délibératif est préemptée par la logique des courants et des fédérations… Sans parler des problèmes de fraude comme nous en avons connu au congrès de Reims. Il y a sans doute une opportunité, un moment privilégié pour dépasser les structures traditionnelles à gauche, qui sont un peu fatiguées. Je ne conçois pas la question du rassemblement comme un problème d'alliance classique. Il ne s'agit pas de refaire la gauche plurielle, mais plutôt de réfléchir à la nécessité de faire un rassemblement de la gauche. Pour être honnête, il y a un énorme scepticisme parmi les responsables du PS. Peu d'entre nous pensent réellement que le Parti a, à lui seul, la capacité de se rénover.

Quelle forme ce rassemblement devrait-il prendre ?

Je ne suis pas sûr que l'on puisse créer un parti en tant que tel. J'ai soutenu Arnaud Montebourg sur l'instauration de primaires ouvertes. En fait, ce mode de désignation marquerait le début d'un processus de dépassement du PS. Les primaires seraient une forme d'institutionnalisation du large rassemblement de la gauche.