Économie - Social

11/11/2008
Finances publiques
Le poids exorbitant des pensions
Selon le Sénat, les pensions versées aux fonctionnaires retraités sont le “principal facteur de dérive des dépenses de l’État”.

Au Sénat, la commission des finances s’alarme du poids des pensions versées aux retraités de la fonction publique dans le budget de l’État. De 1990 à 2007, le nombre de pensionnés civils et militaires a augmenté de 37 %, passant de 1,6 million à plus de 2,2 millions de bénéficiaires. Conséquence : les faibles marges de manœuvre qui peuvent être dégagées d’une année sur l’autre fondent comme neige au soleil.

Aujourd’hui, 70 % de l’augmentation des crédits partent dans les intérêts de la dette et les pensions, contre 27 % au cours de la période 2003-2007. En 2009, la facture dépassera donc 55 milliards d’euros. La commission des finances estime que 50,3 milliards d’euros iront aux pensions des retraités de la fonction publique civile, militaire et des établissements industriels de l’État et 5,18 milliards d’euros seront répartis entre les régimes de retraite de la SNCF (3 milliards), des marins (747 millions), des mineurs (587,5 millions) et de la RATP (501 millions).

Même si, en comparaison, les économies à faire peuvent sembler dérisoires, les sénateurs insistent sur la nécessaire réforme des services de l’État qui gèrent ces pensions (3 000 emplois répartis entre le service des pensions, les centres régionaux et les ministères employeurs). Selon le Sénat, 1 200 emplois pourraient être économisés. Au passage, la commission épingle le gouvernement, qui n’a toujours pas créé une autorité unique et interministérielle chargée du pilotage de cette réforme.