C’est le seul scoop de ce pamphlet anti-Sarkozy : il n’y aurait pas de haine personnelle entre le patron du MoDem et l’hôte de l’Élysée. François Bayrou, agrégé de lettres, rappelle qu’en latin, il existe deux mots pour traduire "ennemi" : inimicus, l’ennemi personnel "qu’on aimerait voir disparaître de la surface de la Terre" et hostis, "celui à qui on fait la guerre de cité à cité, Rome contre Carthage, Athènes contre Sparte". Rien de personnel donc, mais les hostilités sont bien enclenchées… En résumé, Nicolas Sarkozy conduirait la France "là où elle a toujours refusé d’aller". La fameuse "rupture" serait donc la rupture avec l’histoire de France, pays qui a toujours cultivé sa différence et combattu les empires. Un retour dans le rang. Une normalisation à marche forcée. "Cette politique qui s’attaque à tous les domaines de la vie nationale, éducation, recherche, justice, que l’on nous vend sous le nom générique et obsessionnel de réforme, ce n’est pas une modernisation, c’est une abrogation", tranche François Bayrou, à qui le style Sarkozy donne des boutons.
La France, désormais une "égocratie", serait entre les mains d’un "enfant barbare" capricieux. "De Gaulle respectait l’Histoire par ce qu’il en était. Pompidou parce qu’il l’avait étudiée. Giscard par ses lignées. Mitterrand parce qu’il la respirait. Sarkozy l’ignore. Plus grave encore, me semble-t-il, il ignore qu’il l’ignore. Pour lui, c’est l’affaire du passé", se désole le président du MoDem. L’ouvrage n’aurait qu’un intérêt limité s’il se cantonnait à dresser un énième portait de Nicolas Sarkozy et la liste de ses réformes plus ou moins réussies. François Bayrou, qui n’est pas tombé de la dernière pluie, en profite pour expliquer son cheminement et solder ses comptes avec son ancien camp, la droite. En ciblant Sarkozy, il dresse le portrait en creux de l’adversaire idéal du Président en 2012. Un autoportrait.
Plon, 261 pages, 18,90 euros.
- Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires
- Version imprimable
- envoyer cet article
- Partager cet article





















Acteurs publics # 62