Un an et demi à peine après l’élection à l’Élysée, la chronique des voyages présidentiels est déjà en librairie. Il faut dire que le rythme des déplacements officiels du Président est, sans surprise, affolant : déjà l’équivalent de cinq tours du monde, des dizaines de nuits passées dans l’avion.
Et la caravane présidentielle suit, avec les agents de sécurité, la logistique ultra-précise de la présidence (l’incontournable et parfois en colère Evelyne Richard, qui travaille sur les voyages présidentiels depuis… Pompidou), les conseillers et, aux premières loges, les journalistes.
L’éditorialiste de Sud-Ouest, Bruno Dive, à qui on ne la fait pas, fin connaisseur de la droite qui connaît son Sarkozy comme sa poche, prend prétexte du “Sarko globe-trotter” pour nous livrer la chronique ébouriffante du début de mandat. Portrait de la cour, gaffes, vraies et fausses colères du Président, tout y est relaté avec humour et distance.
Contrairement à son collègue du Monde, Philippe Ridet, qui livrait ses états d’âme de journaliste embedded dans le cirque élyséen, Bruno Dive décrit, sans se mettre en scène, les relations orageuses du Président avec la presse. Contrairement à Jacques Chirac, “que l’on voyait rarement, et généralement pour un exercice convenu de langue de bois”, Nicolas Sarkozy pratique le “off” avec délectation, à bâtons rompus.
Devant 40 ou 50 personnes, le “off” n’existe plus et cela, le Président l’a bien compris. Changement d’époque, désormais tout peut arriver, même lors d’un point presse, a priori formel et cadré. Le pire, par exemple, en Inde lorsqu’un Nicolas Sarkozy à l’humeur de dogue règle ses comptes avec les médias curieux de sa vie privée. Et l’auteur de conclure : “Les journalistes qui suivent Sarkozy assistent au spectacle, agacés ou fascinés. Et parfois ils y participent”.
Jacob-Duvernet, 165 pages, 17,90 eurost
- Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires
- Version imprimable
- envoyer cet article
- Partager cet article





















Acteurs publics # 62