Économie - Social

Éric Woerth

Éric Woerth

16/06/2009
Budget
Épais brouillard pour le PLF 2010
C’est dans un contexte de déficit public quasi incontrôlé que Bercy a envoyé ses "lettres plafonds" aux ministères pour le budget 2010.

Le 24 juin, Éric Woerth annoncera aux parlementaires une nouvelle prévision de déficit public qui devrait donner le vertige. Le ministre du Budget estime que le seuil des 6 % du PIB sera dépassé cette année, alors que le dernier collectif budgétaire prévoyait 5,6 %. Certaines sources évoquent déjà un déficit, pour le seul budget de l’État, de 120 milliards d’euros… En réalité, Bercy navigue à vue. Si les dépenses restent à peu près sous contrôle – notamment celles de fonctionnement pour l’État –, les recettes rentrent très mal. Au 30 avril, les seules rentrées fiscales accusaient un recul de 24,7 milliards par rapport à la même date en 2008. Les aides à la trésorerie des entreprises et des collectivités locales coûtent déjà 6,8 milliards. Mais hors plan de relance, la chute de 20 % des recettes fiscales s’explique surtout par un recul spectaculaire du produit de l’impôt sur les sociétés (- 11,7 milliards) et des recettes de TVA (- 5,1 milliards), ce qui ne va pas s’arranger avec l’instauration, le 1er juillet, de la TVA réduite dans la restauration.

C’est dans ce contexte très particulier que Bercy prépare le budget 2010. Les lettres plafonds qui fixent les crédits et les effectifs dont disposeront les ministères l’an prochain sont parties. La hausse sera strictement limitée à l’inflation, c’est-à-dire 1,2 %, selon Bercy, qui se refuse pour l’instant à ramener sa prévision de hausse des prix à zéro… Ce gel des dépenses en volume signifie que certains ministères vont voir leurs crédits baisser compte tenu de la priorité donnée à l’emploi et au ministère de la Relance (+ 3,5 milliards déjà prévus). Sans surprise, il devrait s’agir de l’Agriculture, de la Ville et du Logement.