La vie politique

Nicolas Sarkozy - AFP

Nicolas Sarkozy - AFP

16/07/2008
Institutions
Sarkozy tente d'amadouer le PS, en pure perte
A cinq jours d'un Congrès du Parlement sur la réforme constitutionnelle qui s'annonce extrêmement serré, Nicolas Sarkozy a faits d'ultimes gestes envers l'opposition afin de sauver sa réforme, mais ces nouvelles propositions ont été illico repoussées par le PS.

Dans une interview au Monde, le chef de l'Etat ouvre la porte à une prise en compte du temps de parole du président de la République face à l'opposition, une des conditions majeures posées par le PS dans le débat institutionnel.

"Je prends l'engagement que des garanties seront apportées pour que l'opposition puisse répondre chaque fois que le président de la République tiendra un propos qui concerne la politique française".
Une garantie qui concerne son expression en tant que "responsable politique", a indiqué - sans plus de précisions - le porte-parole du gouvernement Luc Chatel.

M. Sarkozy souhaite également que l'opposition puisse créer chaque année "un certain nombre de commissions d'enquête". Il promet qu'elle participera à la commission indépendante qui sera créée pour le redécoupage des circonscriptions législatives.
Sur la réforme du collège électoral du Sénat, autre cheval de bataille des socialistes, M. Sarkozy se contente en revanche de qualifier de "raisonnable" une proposition de loi de 1999 du sénateur UMP Henri de Raincourt, qui visait à augmenter la représentation des grandes agglomérations dans les collèges des délégués élisant les sénateurs.
"J'espère que les socialistes sincères comprendront qu'il y aurait une certaine forme de ridicule à ne pas voter une réforme dont ils n'ont cessé de rêver les contours sans jamais la mettre en oeuvre", lance le chef de l'Etat.

Jean-Marc Ayrault :"ça sent la manoeuvre politique"

Mais les socialistes sont restés de marbre face à ce que Jean-Marc Ayrault, le chef de file des députés PS à l'Assemblée, a qualifié de "manoeuvre politique".
Ces annonces de Nicolas Sarkozy n'ont "aucun effet" sur la position des députés PS, qui "unanimement voteront contre" la réforme des institutions au Congrès le 21 juillet, a souligné mercredi M. Ayrault.
"La plupart des engagements ne relèvent pas de la Constitution et pourquoi a-t-il attendu aussi longtemps ?". "C'est largement insuffisant, ça sent la manoeuvre politique", a-t-il ajouté.

"Il y a un moment où il faut arrêter de se mentir!", a riposté son homologue UMP Jean-François Copé.
"Toutes les semaines, les socialistes ont fait des nouvelles demandes, et à chaque fois ça ne convenait jamais", a-t-il insisté, évoquant "une avancée considérable sur le temps de parole" du chef de l'Etat.

M. Sarkozy a aussi fait un signe en direction du Parti radical de gauche, en proposant d'abaisser de 20 actuellement à 15 le nombre de députés nécessaires pour constituer un groupe parlementaire à l'Assemblée.
Le PRG qui compte 8 députés et 3 apparentés, a annoncé son intention de voter la réforme des institutions, mais certains risquent malgré tout de ne pas apporter leur voix, à l'image de la députée de Guyane Christiane Taubira, qui votera contre.
La clef du vote de la réforme n'est toutefois pas qu'à gauche: une dizaine de députés UMP semblent toujours rétifs.

Mardi, M. Sarkozy avait réuni les députés UMP à l'Elysée pour un buffet de mobilisation.
Le Sénat devait se prononcer mercredi en deuxième lecture sur la réforme des institutions, et approuver, sauf surprise, le texte déjà voté par l'Assemblée. Cet ultime vote doit ouvrir la voie à la convocation du Congrès de Versailles prévu le 21 juillet.
Ce Congrès, selon M. Copé, se jouera à "quatre voix près".