Économie - Social

16/09/2008
Sécurité sociale
La dette de l’État se reconstitue
À peine quelques mois ont suffi, selon la Cour des Comptes, pour que l’ardoise de l’État vis-à-vis de la Sécurité sociale regonfle partiellement.

Au grand désespoir de Bercy, la Cour des comptes n’en finit pas de mettre le doigt là ça fait mal à propos de la Sécurité sociale. Dans leur rapport annuel, les magistrats de la rue Cambon reviennent à la charge sur la question des dettes de l’État envers le régime général, qui rappelle Sisyphe et son rocher. La Cour a en effet constaté, sans grande surprise, qu’en dépit de l’opération d’extinction de 5,1 milliards de dettes en 2007, les dettes se sont reconstituées partiellement, “à peine en quelques mois”. Et de rappeler que sur l’ardoise de 2,8 milliards d’euros constatée au 31 décembre 2007, 1,7 milliards correspondent à “une insuffisance de versement du fait de l’absence de crédits en loi de finances”… La Cour reconnaît qu’un dispositif visant à prévenir les impayés a été mis en place par Éric Woerth, mais il devrait s’avérer, cette année encore, insuffisant. La dette de l’État vis-à-vis des organismes de Sécurité sociale ne serait pas si grave si leurs comptes étaient excédentaires ou simplement équilibrés. Comme c’est loin d’être le cas, ces passifs “grèvent une capacité de financement déjà mise à mal”, déplore le rapport. L’endettement global de la Sécurité sociale a bondi en douze ans de 41,3 milliards à 130 milliards, selon la définition retenue par l’Insee, qui inclut la dette des hôpitaux et de l’assurance chômage. La caisse d’amortissement de la dette sociale (Cades), qui “gère” les déficits cumulés du régime général, représente à elle seule 75 milliards. La Cour des comptes en profite pour tirer la sonnette d’alarme sur les charges d’intérêt (3,1 milliards), qui, pour la première fois en 2007, ont dépassé l’amortissement de la dette !