AFP/archives Denis Charlet
Ségolène Royal a dénoncé ce matin sur France Inter la constitution d'un "front" pour l'empêcher d'accéder à la direction du PS. L'ex-candidate à la présidentielle a reconnu qu'avec le soutien de Bertrand Delanoë à Martine Aubry, "ça se compliquait arithmétiquement". "Je ne sais pas quels sont les manoeuvres d'appareil qui sont derrière cette évolution", a-t-elle ajouté, notant que "ce n'est pas la première fois que le vote des militants n'est pas respecté".
Hier le maire PS de Paris Bertrand Delanoë a appelé, au nom d'une "certaine idée du socialisme", à choisir Martine Aubry lors du vote interne des socialistes pour la désignation du Premier secrétaire jeudi, dans une lettre aux militants rendue publique lundi.
"Notre responsabilité est immense", souligne le maire dans cette lettre ouverte. "Jeudi soir, chaque militant est en effet appelé à s'exprimer, par son vote, sur ce qui est l'enjeu décisif de ce scrutin, comme l'ont démontré les principaux discours prononcés à Reims: l'identité même du Parti socialiste", poursuit-il. "Au nom de mes convictions politiques, j'ai donc décidé de soutenir la candidature de Martine Aubry et j'appelle à voter massivement en sa faveur", ajoute Bertrand Delanoë.
Il apporte ainsi un soutien de poids à la maire de Lille dans la compétition qui l'oppose à l'ex-candidate à la présidentielle Ségolène Royal et l'eurodéputé Benoît Hamon. Leader d'une motion arrivée deuxième derrière celle de Ségolène Royal dans le premier vote des militants le 6 novembre, le maire de Paris avait renoncé à briguer la succession de François Hollande. Il avait réuni 25,24% des voix, et la maire de Lille, en troisième position, avait obtenu 24,32%. Soit à eux deux 49,56%.
Le maire de Paris évoque à nouveau la question des alliances avec le centre, leitmotiv du Congrès de Reims, appelant de ses vœux "une stratégie d'alliances claire, qui implique de s'ouvrir à toutes les formations de gauche, mais à rejeter l'ambiguïté d'alliances avec un parti qui se refuse à différencier la droite de la gauche". Une allusion claire au MoDem, vers lequel Ségolène Royal prône une ouverture.
Le député Jean-Christophe Cambadélis, soutien de la maire de Lille, a aussitôt salué cet appel qui est, selon lui, "déterminant pour l'unité du Parti socialiste". "L'appel de Bertrand Delanoë à soutenir Martine Aubry est un acte de conviction généreux et élégant, déterminant pour l'unité du Parti socialiste", a affirmé le député de Paris. Dans le camp de Ségolène Royal, François Rebsamen a dénoncé sur BFM "une stratégie d'empêchement". Selon le maire de Dijon, cet appel est "une surprise puisque Bertrand Delanoë n'avait pas donné de consigne de vote" dimanche à l'issue du congrès de Reims. Avec AFP
Retrouvez les discours de clôture de Ségolène Royal, Martine Aubry et Benoît Hamon.
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