Europe

18/06/2008
"Non" - Les priorités françaises bousculées
Le pacte sur l’immigration devra être approuvé à l’unanimité. En matière de défense, les ambitions françaises risquent aussi de devoir être revues à la baisse.

"Les priorités de la Présidence française ne seront en aucun cas remise en cause" par le "non" irlandais, a assuré Jean-Pierre Jouyet. Si la lutte contre le changement climatique, l’immigration, l’agriculture et la défense restent bien inscrites à l’agenda de la Présidence française – la PFUE, comme l’appellent les diplomates –, certains de ces thèmes seront néanmoins affectés par la non entrée en vigueur du traité de Lisbonne le 1er janvier prochain. Avec l’adoption d’un pacte sur l’immigration, la France avait prévu d’anticiper l’application des règles du nouveau traité qui font passer l’asile et la gestion des migrations à la majorité qualifiée et confère un pouvoir de codécision au Parlement européen. L’adoption de ce pacte reste possible, mais les 27 devront se mettre d’accord à l’unanimité. En matière de défense, les ambitions françaises risquent aussi de devoir être revues à la baisse. Le traité de Lisbonne n’entrant pas en vigueur, il sera impossible d’instaurer une “coopération structurée permanente” pour mener des actions à la carte. En revanche, le paquet énergie-climat ne devrait guère pâtir du “non” irlandais. Idem pour le bilan de santé de la Politique agricole commune.