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20/05/2003

RAFFARIN résiste, mais divise

En dépit d'un mois de mai très agité socialement, le gouvernement ne subit aucun décrochage majeur. Mais les clivages continuent de s'accentuer, notamment entre droite et gauche, ainsi qu'entre “France d'en haut” et “France d'en bas”.

La perception par les Français de la politique économique du gouvernement continue
de se détériorer ce mois-ci (- 3 points) et atteint son plus bas niveau enregistré
sous le mandat RAFFARIN (42 % de bonnes opinions, 51 % de mauvaises opinions).




Une politique économique majoritairement condamnée
Plus que jamais, le jugement de valeur sur la politique économique du gouvernement
est un enjeu du rapport de force politique. Ce clivage, avivé par l'affirmation
nouvelle du Parti socialiste dans son rôle d'opposant, s'illustre en ceci que
les sympathisants de droite soutiennent plus encore la politique économique
(74 % de bonnes opinions, + 4 points, avec 87 % chez les seuls sympathisants
UMP, contre 22 % de mauvaises opinions) tandis que les sympathisants de gauche
manifestent davantage leur défiance (69 % de mauvaises opinions, + 4 points,
avec 75 % chez les seuls sympathisants socialistes, contre 25 % de bonnes opinions).
Autre signe d'une montée des tensions, l'accentuation continue des clivages
sociaux dans l'appréciation de la politique économique du gouvernement. Il s'agit
en premier lieu du clivage entre secteur public et secteur privé. Les salariés
des services publics se sont particulièrement mobilisés au cours du mois passé,
alors que l'on annonce une réduction du nombre des fonctionnaires et un gel
des crédits budgétaires publics. La grande majorité d'entre eux juge négativement
la politique économique (35 % d'opinions positives, 60 % d'opinions négatives),
alors que les salariés du privé se montrent plus partagés (46 % d'opinions positives,
49 % d'opinions négatives).


Vous personnellement, diriez-vous que la politique économique
menée actuellement par le gouvernement est ...

   
 
Ensemble
Sympathisants
Mai
03
Avril
03
Mai
03
Avril
03
 
Gauche*
Droite**
Gauche*
Droite**

Très bonne
3
2
1
6
1
4

Plutôt bonne
39
43
24
68
30
66
S/T
bonne
42
45
25
74
31
70

Plutôt mauvaise
37
33
49
17
46
17

Très mauvaise
14
15
20
5
19
8
S/T
mauvaise
51
48
69
22
65
25

(NSP)
7
7
6
4
4
5
 
   

Total
100
100
100
100
100
100


* LO, LCR, PC, PS, Pôle Républicain, les Verts


** UDF, UMP, RPF, FN, MNR

Ces derniers se divisent à leur tour entre les catégories socioprofessionnelles
supérieures du privé, qui soutiennent largement le gouvernement (54 % des professions
libérales et cadres du privé, 58 % des professions intermédiaires du privé),
et les catégories populaires, dont l'avis se rapproche de celui de la moyenne
des Français (40 % des employés et ouvriers du privé ont une opinion positive,
55 % une opinion négative). À noter également, l'apparition d'une défiance majoritaire
parmi les ménages les moins favorisés (34 % d'opinions positives, - 10 points,
contre 57 % d'opinions négatives, + 9 points).

Une politique sociale particulièrement critiquée par les actifs
Si l'on n'observe guère de dégradation de la perception de la politique
sociale du gouvernement - les bonnes opinions perdant un point à 41 % et les
mauvaises opinions gagnant 2 points à 54 % - c'est surtout que cette perception
était déjà négative. Là aussi, les mêmes facteurs de segmentation de l'opinion
sont à l'?uvre.
De même que pour la politique économique, la discrimination selon la proximité
partisane se durcit. Ainsi, la politique sociale du gouvernement Raffarin recueille
un assentiment majoritaire parmi les sympathisants de droite (70 % d'opinions
positives, + 3 points, avec 87 % chez les seuls sympathisants UMP, contre 28
% d'opinions négatives) alors qu'elle est nettement rejetée par les sympathisants
de gauche (74 % d'opinions négatives, + 6 points, avec 83 % chez les seuls sympathisants
socialistes, contre 23 % d'opinions négatives).
Discrimination également toujours importante entre salariés du public (29 %
de bonnes opinions, 69 % de mauvaises opinions) et salariés du privé (45 % de
bonnes opinions, 52 % de mauvaises opinions), en particulier parmi les catégories
socioprofessionnelles dites supérieures. Les principaux soutiens du gouvernement
Raffarin restent les catégories socioprofessionnelles supérieures du privé qui
lui renouvellent leur confiance sur le sujet (54 % des professions libérales
et cadres du privé, + 2 points, et 57 % des professions intermédiaires du privé,
+ 9 points). À l'inverse, les catégories socioprofessionnelles supérieures du
public renforcent leur défiance (64 % des professeurs et cadres du public, +
7 points, 77 % des professions intermédiaires du public, + 4 points).


Vous personnellement, diriez-vous que la politique sociale menée
actuellement par le gouvernement est ...

   
Ensemble
Sympathisants
Mai
03
Avril
03

Mai 03
Avril
03
 
 
Gauche*
Droite**
Gauche*
Droite**

Très bonne
4
3
2
9
1
7

Plutôt bonne
37
39
21
61
28
60
S/T
bonne
41
42
23
70
29
67

Plutôt mauvaise
36
36
46
22
48
21

Très mauvaise
18
16
28
6
20
10
S/T
mauvaise
54
52
74
28
68
31

(NSP)
5
6
3
2
3
2
 

Total
100
100
100
100
100
100


* LO, LCR, PC, PS, Pôle Républicain, les Verts


** UDF, UMP, RPF, FN, MNR

La véritable originalité des jugements sur la politique sociale consiste en
l'existence d'une forte discrimination par l'âge, entre les retraités et les
autres. En effet, seules les personnes âgées - qui ne sont pas touchées par
la réforme des retraites en cours - se montrent majoritairement satisfaites
de la politique sociale (54 % d'opinions positives, + 5 points, contre 36 %
d'opinions négatives). Toutes les autres catégories d'âge portent des jugements
majoritairement négatifs, en particulier les 25-49 ans dont les jugements se
détériorent nettement. C'est clairement la population active dans son ensemble
qui est atteinte par une dynamique de désaffection à l'égard de la politique
sociale du gouvernement.

Jérôme Sainte-Marie

BVA Opinion

Sondage réalisé par BVA du 16 au 17 mai 2003 auprès
d'un échantillon représentatif de la population française
âgée de 18 ans et plus. 956 personnes ont été interrogées
par téléphone. Échantillonnage par la méthode des
quotas : sexe, âge, profession du chef de famille, après stratification
par régions et catégories d'agglomération.

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