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La crise, et après ?

La crise, et après ?

21/01/2009
Jacques Attali
La crise, et après ?
"La supervision de la finance est une fonction publique qui ne doit pas être laissée, même en partie, aux mains du secteur, ni même d’un seul gouvernement", souligne l'auteur.

Dans un court essai, écrit d’un jet, Jacques Attali tente de redonner de l’espoir en ces temps déprimants de crise économique. Comment en sommes-nous arrivés là ? Alors que la croissance semblait solide, que la pauvreté commençait à se réduire en Asie et en Amérique latine, nous voilà brutalement au seuil d’une dépression mondiale déclenchée au départ par les difficultés pour des milliers de familles américaines à rembourser leurs crédits immobiliers. Très remonté contre ceux qu’il appelle les "initiés", c’est-à-dire ceux qui ont permis et profité de cette délirante dérive de la finance mondiale, Jacques Attali propose ses solutions, comme la mise en place d’une gouvernance mondiale impliquant G8, G20, FMI et les autres institutions internationales. "La supervision de la finance est une fonction publique qui ne doit pas être laissée, même en partie, aux mains du secteur, ni même d’un seul gouvernement", affirme-t-il avec force. D’où la nécessité d’une réglementation planétaire et d’un renforcement de la régulation européenne. Si cette tâche colossale n’est pas prise à bras-le-corps, prévient Jacques Attali, les mêmes causes produiront les mêmes effets. L’auteur ne propose pas de museler le capitalisme, car "le marché est le meilleur mécanisme de répartition des ressources rares". Pourtant, le même marché "est incapable de créer par lui-même l’état de droit dont il a besoin, ni la demande nécessaire au plein usage des moyens de production". Ce qui implique une intervention publique forte dans la répartition des revenus et des patrimoines, le respect de la concurrence et la commande publique. "Si l’on veut éviter que l’histoire prenne un tour terrible, il est temps de comprendre que tout cela trouve sa source dans le déséquilibre entre le marché et le droit", martèle Jacques Attali.

Fayard, 209 pages, 14 euros.