AFP
La visite rapide (six heures prévues) de Nicolas Sarkozy, au cours de laquelle il doit rencontrer le Premier ministre irlandais Brian Cowen, des ministres ainsi que des groupes de pression favorables ou opposés au traité, est attendue avec circonspection à Dublin après ses déclarations sur la nécessité de faire "revoter" les Irlandais.
La campagne contre la Constitution européenne, un groupe de pression opposé au traité, avait prévu de manifester devant le gouvernement avec le mot d'ordre "Non c'est non". Des opposants au traité de Lisbonne brandissaient des pancartes demandant "Sarkozy, respectez le vote sur Lisbonne. Non c'est non", ou assurant "Le traité de Lisbonne est mort". Ils se sont effectivement retrouvés à quelques centaines dans le centre de Dublin, plusieurs manifestants brandissant des pancartes affirmant "casse-toi pauvre con Sarkozy", en référence à l'invective lancée par le président français à un visiteur du salon de l'agriculture à Paris en février dernier. Le président Français, qui s'est fixé la fin de l'année pour trouver une solution à la crise institutionnelle provoquée le 12 juin par le "non" à 53% au référendum irlandais, a dit vouloir à Dublin "écouter" et "comprendre" les raisons de ce vote, dans une interview au quotidien Irish Times.
M. Sarkozy sera accompagné du chef de la diplomatie française Bernard Kouchner, qui avait lui aussi provoqué la colère de Dublin en déclarant avant le vote que les Irlandais avaient "profité" de l'Europe plus que les autres et se devaient donc de voter oui. Aucune percée n'est attendue, Dublin ayant besoin de temps pour réfléchir à une sortie de crise, selon des diplomates français et irlandais.
Declan Ganley, l'homme d'affaires irlandais qui a mené une campagne très active contre le traité, a indiqué vendredi qu'il demandera à M. Sarkozy "de reconnaître que les Irlandais ont rejeté le traité de Lisbonne". Son organisation, Libertas, "ne participera à aucun débat sur le traité de Lisbonne lundi". "Ce débat a pris fin quand le peuple irlandais a voté non", a-t-il déclaré.
Avec AFP
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