UMP Paris : machine à gagner... ou à perdre ?
Campagne à deux faces
En confiant aux adhérents de l'UMP le choix du candidat qui affrontera Bertrand DELANOË en 2008, Nicolas SARKOZY voulait éviter la répétition des luttes fratricides qui avaient contribué à la défaite de la droite en 2001. Côté scène, l'objectif semble atteint : au cours des trois grands débats organisés devant les militants, les prétendants à l'investiture ont globalement respecté le code de bonne conduite édicté par leur patri et les attaques se sont concentrées sur le maire de Paris. En coulisses, en revanche, la campagne a rapidement tourné à l'aigre. Seul Jean TIBERI, qui ne se fait guère d'illusions sur ses chances de l'emporter, est resté plutôt sage.
Au fil de la campagne, les causes de crispations se sont multipliées. À commencer par la publication, en novembre, d'un sondage indiquant que les sympathisants de droite voyaient en Françoise de PANAFIEU la meilleure candidate pour affronter Bertrand DELANOË. Problème : cette enquête avait été commandée par un proche de la députée-maire du XVIIe arrondissement...
SARKOZY en première ligne
L'affaire du sondage est cependant loin d'être le seul "dérapage" de cette campagne. Depuis le début, des soupçons concernant des "adhésions de complaisance" au profit de tel ou tel candidat font, par exemple, peser un doute sur la sincérité du scrutin. Relançant la polémique début février, le conseiller de Paris, Xavier CHINAUD, a estimé que le vainqueur n'aurait qu'une "faible" légitimité. Loin de leurs bonnes résolutions initiales, les candidats ont par ailleurs échangé attaques personnelles et petites phrases par médias interposés. Principale cible : Françoise de PANAFIEU, accusée de vouloir transformer ces primaires en "concours de beauté", dixit Claude GOASGUEN, et qualifiée de "grande bourgeoise" par Pierre LELLOUCHE. Il faut dire que celle-ci a particulièrement agacé ses rivaux en s'affichant habilement aux côtés de Nicolas SARKOZY pour profiter de la popularité de celui-ci.
Résultat, le président de l'UMP a été obligé de s'impliquer davantage que prévu dans ces primaires. Contraint de se montrer avec les concurrents de Françoise de PANAFIEU pour leur prouver son impartialité, il a également dû rassurer les candidats sur les modalités du vote électronique. Peu convaincu, Claude GOASGUEN redoute, selon des propos rapportés par Le Monde, un "bourrage des urnes".
Un processus discrédité ?
Malgré ces tensions, Nicolas SARKOZY s'est "réjoui de la bonne tenue" de la compétition. Il faut dire que ces primaires sont importantes pour lui puisqu'elles préfigurent le processus qui sera mis en ?uvre pour la désignation du candidat de l'UMP à l'élection présidentielle... Cette semaine, il s'est donc efforcé de démentir ceux qui, au sein même de son parti, pensent que le candidat qui sera choisi par les adhérents a peu de chances d'être vraiment investi en 2008. "Ceux qui ne se seront pas pliés aux règles, n'auront pas l'investiture", a ainsi réaffirmé Nicolas SARKOZY, lundi soir. Un message qui s'adresse à Bernard DEBRÉ (cf. 3 questions à...), mais aussi à ceux dont le nom est parfois évoqué pour un parachutage de dernière minute (Jean-Louis BORLOO, Dominique de VILLEPIN, etc.).
Le spectre de la division continue néanmoins de régner sur la droite parisienne. En cas de 2e tour, la suite de la campagne pourrait être particulièrement âpre. Un axe GOASGUEN-LELLOUCHE semble d'ailleurs déjà en cours de constitution pour contrer Françoise de PANAFIEU. Dans ces conditions, certains estiment, qu'une victoire de la députée-maire du XVIIe arrondissement, dès le 1er tour, ferait figure de scénario idéal... Mais la question reste posée : les rivaux d'aujourd'hui seront-ils capables de se rassembler derrière le vainqueur de demain ?
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Un vote "sous haute surveillance" |
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Le 1er tour des primaires organisées par l'UMP Paris a commencé. Depuis mardi et jusqu'à vendredi, les adhérents à jour de cotisation (10 600) peuvent se prononcer par Internet. Un vote manuel est également prévu samedi. Ceux qui souhaitent renouveler leur adhésion ce jour-là pourront participer au scrutin (fin 2005, l'UMP Paris revendiquait plus de 20 000 membres). En cas de nécessité, un second tour sera organisé du 28 février au 3 mars. Pour calmer les inquiétudes qui se sont exprimées quant à la sûreté du vote électronique, le secrétaire général délégué de l'UMP, Brice HORTEFEUX, a affirmé que cette élection était "sous haute surveillance". Concernant la question des adhésions de complaisance, le président de la fédération UMP de Paris a rappelé qu'un huissier de justice était chargé de valider les nouvelles adhésions. Selon, Philippe GOUJON, les contrôles aléatoires "n'ont pas permis de relever d'adhésions douteuses". Il a néanmoins indiqué que, principalement en raison de problèmes de domiciliation, "quelques dizaines" d'adhérents ne pourront pas voter. |
3 questions à...
Bernard DEBRÉ
Candidat déclaré à la mairie de Paris, Bernard DEBRÉ est aussi député (apparenté UMP) du XVIe arrondissement de la capitale.
Quel regard jetez-vous sur les primaires qui s'achèvent et auxquelles vous avez refusé de participer ?
En choisissant de consulter ses seuls militants, l'UMP fait fausse route. Il aurait mieux valu organiser des primaires à l'italienne pour que les Parisiens se sentent concernés par le choix du candidat. Faute de quoi, le processus mis en place se résume à une guerre de clans. C'est malsain.
Parmi les quatre candidats à l'investiture de l'UMP, lequel est le mieux placé pour gagner ?
Tout sera fait pour que Françoise de PANAFIEU l'emporte dès le premier tour ! Il ne peut pas en être autrement puisque les sondages réalisés dans le cadre de ces primaires ont fait d'elle la favorite. Étant donné l'importance que Nicolas SARKOZY accorde aux sondages, je vois mal comment un autre candidat pourrait gagner ces primaires. Le vote électronique va permettre d'arranger les choses...
Serez-vous candidat jusqu'au bout ?
Je suis en campagne, mais je ne ferai pas perdre mon camp. Si quelques mois avant les élections, je suis en tête dans les sondages, je demanderai à tout le monde de se ranger derrière moi. Dans le cas contraire, je me mettrai au service de celui ou celle qui aura la préférence des Parisiens.
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