Le dossier politique

22/04/2009
"Un certain nombre de responsables politiques ont pour mission de me déstabiliser"

Dans un entretien exclusif, Jean-François Copé tire un bilan positif de son action au Palais-Bourbon, réfute l’existence de "copéistes" et réaffirme son désir de rester en place jusqu’en 2012.

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Vous expliquiez, à votre arrivée à la tête du groupe UMP, vouloir faire en sorte que le député de 2012 ne soit plus celui de 2007. Où en est le député de 2009 ?

Au milieu du chemin. Le député godillot du XXe siècle n’existe plus, mais l’hyperdéputé du XXIe siècle est en train de se construire. De ce point de vue, les mois qui viennent vont être déterminants. Avec la modification du règlement de l’Assemblée, nous allons bientôt disposer de tous les outils pour que le député puisse coproduire les réformes.

Justement, la coproduction législative est-elle réellement entrée dans les mœurs ?

Non seulement dans les mœurs, mais aussi dans le vocabulaire commun. C’est d’ailleurs pour moi une source d’amusement de voir que beaucoup de responsables politiques ou de journalistes utilisent ce terme pour qualifier le fait que les députés ne peuvent plus être des machines à voter électroniques.

Votre club Génération France est en train de se développer à un rythme soutenu. Est-ce le signe que vous séduisez de plus en plus au sein de la majorité ?

Ce n’est pas à moi de vous répondre. Je pense simplement qu’il manque cruellement, notamment à droite, d’espaces où l’on peut débattre sans sectarisme, sans tabou et sans langue de bois. Les partis politiques sont d’abord des machines à gagner des élections, pas des machines à débattre. À Génération France, j’ai accueilli lors de débats, Yamina Benguigui, adjointe de Bertrand Delanoë, Michel Charasse, Malek Boutih…

Au sein du groupe UMP, on parle de sarkozystes ou de villepinistes. Et les "copéistes" ?

En tant que président de groupe, j’évite toujours que se constituent des chapelles. Je suis là pour assurer la cohésion de l’ensemble, pas pour incarner une tendance. D’ailleurs, ce n’est pas mon but.

Lorsque Christian Estrosi et Xavier Bertrand ont réintégré le groupe UMP, certains ont pensé que votre marge de manœuvre allait en être réduite. Or on ne les entend quasiment jamais à l’Assemblée. C’est devenu pour vous une forteresse imprenable ?

Ce n’est surtout pas une forteresse, ce n’est pas dans cet esprit que je travaille. J’ai au contraire une conception extrêmement ouverte et positive de ma mission. L’objectif, c’est d’ouvrir les portes et les fenêtres, de passer d’une époque où les groupes parlementaires étaient repliés sur eux-mêmes à une période nouvelle, où les députés se tournent vers les autres. Cela dit, je ne suis pas naïf, j’ai des yeux pour voir et des oreilles pour entendre. J’ai bien compris qu’un certain nombre de responsables politiques avaient pour mission de me déstabiliser, mais cela ne m’empêche pas de faire mon travail. Il ne peut pas avoir échappé au président de la République que je suis toujours à ses côtés dans les combats difficiles comme la télévision publique, la réforme de la Constitution, l’Otan…

Dans votre livre Un député, ça compte énormément, vous dites que pour la première fois de votre vie politique, vous ne pensez pas au poste d’après. Alors qu’un remaniement gouvernemental se dessine, seriez-vous tenté de retrouver un portefeuille si on vous le proposait ?

Non, j’ai une mission et je dois la mener à bien jusqu’au bout. Je dois répondre à la confiance accordée par mes amis députés. On ne peut pas faire les choses en dilettante ou de manière superficielle. Si on est là pour attendre le poste suivant, on ne fait pas bien son travail.