Députés et sénateurs réunis en Congrès à Versailles, le 21 juillet 2008 © AFP/Archives Thomas Coex
"En m’adressant à vous aujourd’hui, j’ai conscience d’inaugurer un changement profond dans notre tradition républicaine." Ainsi débuta le discours de Nicolas Sarkozy, devant le Parlement réuni en Congrès pour l’écouter lundi. Le premier du genre, depuis que la réforme constitutionnelle le permet chef de l’État. Quelques minutes avant d’accueillir ce dernier, le président de l’Assemblée, Bernard Accoyer, qui présidait aussi le Congrès, confiait pourtant ne pas voir dans le retour de cette pratique de "moment historique", mais simplement "un moment important pour nos institutions". Côté opposition, le mot "historique" était employé, mais évidemment pas dans le même sens. Selon le député PS Jean-Christophe Cambadélis, ce 22 juin fera date, mais comme "un moment à marquer d’une pierre noire pour notre République". Le sénateur socialiste Robert Badinter y voyait quand même "un microévénement historique", puisque "cela fait cent quarante ans qu’un Président n’a pas pris la parole à Versailles".
Alors que ce point de la réforme constitutionnelle de 2008 – auquel Nicolas Sarkozy tenait beaucoup – était celui que l’opposition avait le plus vivement critiqué, et que l’on pouvait s’attendre à quelques éclats de voix, on n’entendit, excepté un timide Jean Glavany, pas un bruit durant le discours. À la sortie, le porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, allait jusqu’à y voir la preuve que le message rassembleur du chef de l’État était passé : "Exceptés les leaders de l’opposition, restés bras croisés sur leur siège, ils furent nombreux à gauche à s’être levés à son arrivée et à applaudir durant le discours."
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