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La Marche consulaire

La Marche consulaire

24/02/2009
Alain Duhamel
La Marche consulaire

"Le Consulat est de retour", clame d’entrée de jeu Alain Duhamel, bien décidé à démontrer à son lecteur qu’"il y a chez Nicolas Sarkozy un Premier consul contemporain, à ses débuts, un Bonaparte en vrac". Certes, "Nicolas Sarkozy n’a pas le dessein chimérique de régenter l’Europe, ni le noir désir de tyranniser la France", mais "c’est un homme de rupture, qui accède au pouvoir au moment où le pays aspire à la fois à la sécurité et à la transformation". Or "le bonapartisme consulaire, justement, a constitué une tentative historique pour concilier l’ordre et le mouvement".

Partant de là, l’ouvrage vise à justifier la comparaison, en commençant par les traits de caractère. "Leur éloquence est impressionnante et ils ne l’ignorent pas", dit par exemple l’auteur, qui estime aussi que "l’un et l’autre savent mieux faire parler d’eux que quiconque de leur génération" ou encore qu’ils "s’étonnent qu’on s’asphyxie à les suivre".

Ensuite, Alain Duhamel s’attache à décrypter la présidence Sarkozy – tout en comparant la pratique de l’actuel occupant de l’Élysée avec celle de ses prédécesseurs – pour en tirer des éléments de ressemblance avec Bonaparte. "Dans le pâté de l’idéologie sarkozyenne, écrit-il notamment, le cheval est consulaire et l’alouette libérale, à moins que la croûte ne soit bonapartiste et la viande libérale." Les religions ? Nicolas Sarkozy les regarde "comme des machines à fabriquer de l’espérance et de la stabilité. (…) Comme jadis Bonaparte".

Parfois, la comparaison devient ardue. Exemple sur l’international : "Comme Bonaparte, Nicolas Sarkozy a voulu réinventer une politique extérieure, heureusement plus pacifique et constructive que celle du Premier consul." De toute façon, "il ne s’agit pas de conférer" à Nicolas Sarkozy "l’envergure" de Bonaparte : "Ce sont des choses qui ne se mesurent qu’à l’expérience et il s’agirait en l’occurrence d’une divine et improbable surprise"…

Plon, 260 pages, 20 euros.