26/05/2009
Daniel Cohn-Bendit
Que faire ?

Se présentant d’emblée comme un animal politique "atypique", le fer de lance du rassemblement Europe Écologie tient à asseoir sa crédibilité. En tant qu’écologiste d’abord : on apprend que son engagement en la matière prend racines… dès le milieu des années 1960 au contact de la contre-culture américaine. En tant qu’Européen ensuite : sur ce point, il n’a aucun mal à convaincre, d’autant qu’il siège à Strasbourg depuis 1994. Daniel Cohn-Bendit n’en est pas moins resté un utopiste dans l’âme. D’où ce manifeste pour un changement radical : "Il faut transformer complètement notre modèle de production, notre façon de voir la croissance, de penser l’économie et la société. (…) Convertir notre appareil industriel, changer notre manière de vivre et de consommer." Voilà pour la réponse à la question posée en titre.

Pour justifier cette "nécessité absolue", l’homme de Mai 68 assène quelques rappels, toujours bienvenus, sur l’état écologique de la planète, du style : "Les émissions mondiales de gaz à effet de serre imputables aux activités humaines ont augmenté de 70% entre 1970 et 2004." Les solutions politiques proposées sont à l’avenant du credo énoncé plus haut : audacieuses. Sortir d’un système industriel purement productiviste, investir dans la recherche et dans l’éducation, développer les solidarités collectives plutôt que les prestations individuelles, initier une véritable "relance économique verte" financée par une "Agence européenne pour la transformation de l’économie". Car pour l’eurodéputé, qu’il s’agisse d’urgence écologique ou de marasme financier, "il n’y aura pas de sortie de crise qui ne soit européenne." Utopie ou bon sens ? Pour être celui d’un militant sincère, cet appel risque de ne guère porter au-delà du cercle des adeptes de "Dany".

Hachette littératures, collection "Tapage",
180 pages, 14 euros.