Eric Woerth et Christine Lagarde -© AFP/Archives Thomas Coex
Après le budget 2009, le gouvernement a présenté lundi le projet de loi de financement de la Sécurité sociale qui prévoit un déficit de 8,6 milliards d'euros. Vendredi, Eric Woerth a annoncé les grands équilibres du projet de loi de finances, qui prévoit un creusement du déficit de l'État à 52,1 milliards d'euros, après 49,4 milliards environ en 2008, et un taux de croissance entre 1 et 1,5% l'an prochain.
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Eric Woerth a annoncé que les déficits publics (Etat, collectivités locales et comptes sociaux) atteindraient 2,7% du PIB en 2009, comme en 2007 et en 2008. Le gouvernement ne pense pouvoir commencer à les réduire qu'à partir de 2010 (2%), sans pour autant revenir à l'équilibre en 2012 (0,5%) contrairement aux engagements pris par la France, qui préside actuellement l'Union européenne,
Pour mémoire, la France avait promis au départ de ramener ses déficits publics à 2,5% du PIB fin 2008 et à 2,0% en 2009 pour arriver progressivement à un "déficit zéro ou presque en 2012".
"Diminution des recettes (...) fiscales, (...) et une augmentation très, très lourde des charges d'intérêt de la dette à cause de l'inflation" sont responsables selon Eric Woerth de ces résultats. "Une partie de la dette française est indexée sur l'inflation et cela fait 9 milliards d'euros" de charges supplémentaires, a-t-il relevé par ailleurs.
Selon le projet de budget 2009, la dette de la France va par ailleurs grimper l'an prochain à 66,0% du produit intérieur brut (PIB), après avoir déjà atteint 65,3% en 2008, soit nettement au-dessus du plafond de 60% imposé par Bruxelles. Initialement, le gouvernement prévoyait une dette limitée à 64% du PIB en 2008 et un retour à 60% en 2012.
Le taux de prélèvements obligatoires (impôts, taxes et cotisations) devrait rester quasiment inchangé en 2009 (43,2%) et jusqu'en 2012, date à laquelle le gouvernement escomptait initialement de le ramener autour de 40%, selon le projet de loi de finances présenté vendredi.
Conformément à l'engagement du gouvernement, la hausse des dépenses de l'Etat l'an prochain sera limitée à l'inflation, soit 2%, atteignant une enveloppe totale de 278,5 milliards.
Le gouvernement prévoit aussi une croissance limitée à une fourchette de 1 à 1,5% l'an prochain et a même retenu "par prudence", une hypothèse de 1% pour le cadrage de son budget 2009, présenté vendredi. En 2008, la croissance est également prévue à 1%, en net ralentissement par rapport aux prévisions initiales. Pour les années suivantes, le gouvernement s'attend toutefois à un rebond de la croissance, puisqu'il anticipe une hausse du PIB de 2,5% en 2010, 2011 et 2012.
Parmi les autres hypothèses fondant son budget, le gouvernement parie sur un net ralentissement de l'inflation en 2009, à 2%, contre 2,9% en 2008. Il table aussi sur un reflux du prix du baril de pétrole à 100 dollars en moyenne en 2009, après 109 dollars en 2008. L'euro devant quant à lui s'assagir face au dollar, à 1,45 dollar en moyenne contre 1,50 dollar cette année.
Avec AFP
Documents :
Discours de Nicolas Sarkozy à Toulon le 25 septembre
Rapport du conseil d'analyse économique sur la crise des "subprimes"
Rapport d'orientation des finances publiques (2009-2011)
Rapport sur la situation des finances publiques (Cour des comptes)
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