Quel regard portez-vous sur la crise que traverse le PS ?
Comme dans une tragédie grecque, tous les protagonistes savent, depuis le début, que ça va mal se terminer et, malgré tout, ça se termine mal…
Êtes-vous triste de cette situation ?
Je ne m’en réjouis pas : ce n’est pas une bonne chose pour la démocratie d’avoir une opposition durablement affaiblie et divisée. Cela peut favoriser les extrêmes et empêcher le nécessaire consensus sur un certain nombre de sujets en période de crise. En même temps, j’ai vu venir et dénoncé ces facteurs de désagrégations dont le principal est l’incapacité à rénover la pensée socialiste. Ceux qui s’affrontent aujourd’hui ont manqué d’audace, ils n’ont pas su adapter le PS et faire le chemin qu’ont fait les gauches européennes.
Vous mettez Martine Aubry et Ségolène Royal dans le même sac ?
Avec Ségolène Royal, on aurait une dirigeante sans majorité. Quant à Martine Aubry, elle aurait une majorité plus que composite et sa tâche de rénovation sera plombée par cette alliance des contraires. Mais sur le fond, je les connais bien toutes les deux : la différence est ténue, elles appartiennent à cette génération qui n’a pas su rénover le PS et qui a sous-estimé la capacité des adhérents à évoluer.
À quelques jours du congrès fondateur de votre parti, lancez-vous un appel aux socialistes afin qu’ils vous rejoignent ?
La situation au PS valide le diagnostic qui m’avait conduit à rentrer dans le gouvernement en 2007. Cela rend plus audible le message que j’avais adressé à mes anciens amis : plutôt que d’être en déshérence, puisque vous n’en pouvez plus du PS, venez renforcer l’aile gauche de la majorité ! Nous sommes prêts à vous accueillir, ce que nous faisons n’est pas indigne, il n’y a pas de honte à être l’aile gauche d’une majorité qui n’est pas conservatrice, qui n’est pas animée par un président réactionnaire. Les idées d’une gauche moderne et européenne seront d’autant plus entendues que nous serons nombreux et forts. Venez chez nous !
Qui compose La Gauche moderne ?
Ce sont à 80 % des gens qui viennent de la gauche et surtout du PS. C’est notre vocation première. Mais, il y a aussi des centristes et des UMP qui sont plus à l’aise au sein de l’aile gauche de la majorité.
Quel est votre stratégie électorale ? Serez-vous présent lors des élections européennes ?
Nous serons présents sur les listes de la majorité, mais nous n’aurons pas nos listes. En revanche, pour les élections régionales, on ne s’interdit pas d’y aller dans certaines régions.
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