Carrières

27/05/2008
Encadrement
Les fonctionnaires "experts"
Le gouvernement crée une nouvelle catégorie de hauts fonctionnaires et fait appel aux meilleurs pour des missions d’expertise.

Comment utiliser au mieux les hauts fonctionnaires qui ne le sont pas toujours par leur administration ? Bercy a trouvé la parade en créant par décret de nouveaux postes d’experts et de directeurs de projet. Premiers visés : les agents expérimentés qui ont envie de s’investir dans la modernisation de l’État. Ils viendront en effet "appuyer les chefs de services en charge d’importantes réorganisations de leur administration. Ils constitueront de véritables task-forces, internes à l’administration, aux côtés des équipes dirigeantes, engagées dans des processus complexes de pilotage du changement", souligne le ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique.
Les agents nommés "experts de haut niveau" exerceront des fonctions de conseil, d’expertise, d’audit ou de médiation. Les "directeurs de projet" seront "chargés d’animer la conduite de projets et de coordonner à cette fin l’action de tous les services intéressés". Comme pour les emplois de direction des administrations, ces fonctions seront réservées aux cadres dont la durée des services effectifs est au moins de huit ans. Dans une logique d’ouverture, elles sont accessibles aux membres des corps d’encadrement supérieur des trois fonctions publiques ainsi qu’aux officiers de carrière et aux magistrats de l’ordre judiciaire. Dans la pratique, ce sont les administrateurs civils qui correspondent le mieux aux profils recherchés par Bercy.

“Rémunération attractive”
Pas question toutefois de recréer des postes à vie. Les agents seront nommés à un emploi pour une durée maximale de trois ans, renouvelable une fois. Pour attirer les bons éléments, Bercy n’hésite pas à avancer des arguments sonnants et trébuchants. Ces nouveaux emplois bénéficieront d’une "rémunération attractive", qui pourra atteindre le niveau de la "hors échelle C", c’est-à-dire plus de 60 000 euros par an.
Le ministère ne cache pas que la création de ces emplois participe de la volonté du gouvernement de "valoriser la place des seniors au sein de la fonction publique, en développant les deuxièmes, voire troisièmes carrières dans des conditions attractives et sur des fonctions valorisantes". Le gouvernement, qui sait l’attractivité qu’exerce le secteur privé sur les hauts fonctionnaires bloqués dans leur avancement par un statut rigide, cherche ainsi à conserver au sein de l’administration les agents les plus brillants.