Martin Hirsch le 21 janvier 2009 à Paris © AFP Gérard Cerles
Sur fond de malaise de la statistique publique, une vive polémique oppose Martin Hirsch, haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté, à la Drees, service statistique commun aux ministères de la Santé et du Travail. En cause, un commentaire critique du haut commissaire après la publication d’une enquête sur les expérimentations du revenu de solidarité active (RSA). Réalisée il y a un an, cette étude fondée sur un questionnaire se montrait peu enthousiaste. La Drees déduisait qu’au final, "l’accès à l’emploi avait été facilité par le RSA pour les populations ne cumulant pas trop d’obstacles pour le retour à l’emploi (comme le manque de qualifications et les problèmes de garde d’enfant)".
Piqué au vif par cette étude, Martin Hirsch rappelle qu’en septembre 2008, "un rapport d’étape avait mis en évidence un taux de retour à l’emploi significativement plus élevé dans les zones où le RSA avait été expérimenté que dans les autres zones". Le haut commissaire indique également qu’un nouveau rapport couvrant l’ensemble de l’année 2008 sera remis d’ici la fin du mois de mai. Au passage, le père du RSA souligne que les effectifs ayant servi de base à l’enquête de la Drees sont "trop faibles pour donner des enseignements statistiques valides" : "350 pour 15 départements, soit environ 20 par département". Un commentaire inadmissible pour le comité de défense de la statistique publique de la Drees et les syndicats CFDT, CGT et SUD des ministères de la Santé et du Travail. "Les statisticiens publics ne sont pas responsables du sens des résultats qu’ils produisent en toute objectivité", s’indignent-ils. Martin Hirsch, qui ne veut plus polémiquer, renvoie aux remontées émanant des départements, disponibles sur le site Internet consacré au RSA.
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