Bertrand Delanoë a appelé samedi les socialistes à ne pas être dans "le dénigrement des uns et des autres" et "de ce que nous sommes collectivement", à son arrivée à la deuxième journée de l'université d'été du PS à La Rochelle.
"Il faut savoir ne pas être dans le dénigrement des uns et des autres et de ce que nous sommes collectivement", a affirmé le maire de Paris, qui est candidat à la succession de François Hollande à la tête du PS.
"Chacun, avec nos qualités et nos défauts, on essaie de servir un combat politique", a ajoute M. Delanoë pour qui "François (Hollande), avec son talent politique mais aussi ses qualités humaines, est un responsable du PS estimable".
De son côté, Elisabeth Guigou, qui défend la candidature de Bertrand Delanoë, a estimé que l'un de ses points forts est qu'il "assume et revendique l'héritage de toute l'histoire du socialisme". "L'une des raisons pour laquelle on a perdu en 2007 c'est qu'on n'a pas revendiqué cet héritage avec ses bons et ses mauvais côtés", a-t-elle dit dans une allusion à Ségolène Royal. Pour elle, l'ex-candidate à la présidentielle "a sa façon d'être socialiste. Mais elle a une conception du parti et des alliances que je ne partage pas". Selon elle, M. Delanoë "est le plus capable de remettre le parti au travail, de rassembler".
Par ailleurs, François Rebsamen, qui soutient Ségolène Royal, a jugé que le PS "est sur la mauvaise pente s'il ne se ressaisit pas". Le numéro deux du PS s'est dit "bien sûr" favorable à une alliance Hollande-Royal, "c'est normal, ils ont travaillé ensemble". "Il faut que ceux qui ont travaillé ensemble, qui ont les textes qui disent la même chose, se rassemblent", selon lui.
En principe, La Rochelle est un rendez-vous militant: 4.000 d'entre eux sont inscrits pour discuter cette année d'"une alternative crédible en France et en Europe". A rebours du nombrilisme régulièrement dénoncé au sein du parti, les débats ont porté notamment sur la crise internationale et l'Europe.
Ségolène Royal, dans son allocution de bienvenue en tant que présidente de la région Poitou-Charentes, a lancé un avertissement aux socialistes: "Aimez-vous les uns les autres, ou disparaissez!", a-t-elle dit dans une allusion à une chanson de Juliette Greco. "L'exaspération et la colère ne sont pas loin, elles sont même parfois déjà là, devant le spectacle que nous donnons", a-t-elle lancé.
"Ayons le courage de le reconnaître avec lucidité, car avoir ce courage c'est déjà avoir une partie de la solution", a ajouté l'ex-candidate à l'Elysée, longuement acclamée. Mme Royal devait quitter La Rochelle dans la soirée, pour répondre à une invitation du Parti démocrate en Italie.
Dès jeudi soir, le premier secrétaire, François Hollande, en avait lui aussi appelé à "la responsabilité de chacun" pour éviter les querelles sur la place publique, et demandé à "faire bloc" alors que "les Français nous regardent, quelquefois avec un peu de scepticisme et d'inquiétude".
Selon un sondage ViaVoice dans Libération, les rivalités sont la principale faiblesse du PS, pour 61% des Français. Les "cafouillages" (dixit Elisabeth Guigou) sur le RSA en témoignent.
Pour sa part, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a affirmé qu'il ne s'excuserait "jamais du bilan de la gauche au pouvoir".
Les premiers débats se sont déroulés sans heurts. Celui sur l'avenir de l'Europe, auquel participaient des hommes de sensibilité très différentes comme Laurent Fabius ou Pierre Moscovici, n'a à aucun moment rouvert les querelles internes de l'automne dernier sur le traité de Lisbonne.
Ségolène Royal et François Hollande ont échangé une bise devant les caméras lors d'un déjeuner, avec une quinzaine de convives. Leurs rencontres publiques étaient extrêmement rares depuis l'élection présidentielle et leur rupture.
Le député de Corrèze, qui est allé ensuite saluer Bertrand Delanoë qui déjeunait dans le même restaurant, a affirmé sa volonté de constituer "un pôle central" réunissant la majorité modérée du parti avec, entre autres, le maire de Paris. Ce dernier a, selon M. Hollande, "les qualités pour prétendre" à sa succession. Mais la constitution d'un tel pôle tient pour l'heure de la gageure.
Le premier secrétaire insiste de plus en plus sur la nécessité d'un véritable patron pour diriger le PS, ce qui va dans le sens et du maire de Paris et de Ségolène Royal. "Il ne faut poser aucune limite à l'autorité du premier secrétaire, ceux qui ne lui ont pas donné tous les moyens n'ont pas donné toutes ses chances au PS", a-t-il déclaré à la presse.
Martine Aubry, candidate potentielle, a laissé peu d'espoir à Bertrand Delanoë, dont elle est pourtant proche, pour une alliance avec lui, estimant qu'il ne souhaitait pas "travailler dans un collectif". "Quelqu'un a dit que je n'étais pas collectif. Chiche, on compare!", lui a répliqué le maire de Paris.
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