Le président a tranché, il n’a pas participé à la fête organisée salle Gaveau par l’UMP à l’occasion du premier anniversaire de sa victoire. Un anniversaire célébré sans flamme, comme si cette séquence commémorative devait se faire discrète dans la situation actuelle. Présentée comme la volonté de ne pas apparaître comme l’élu d’un clan mais comme celui de la Nation, la décision présidentielle n’est-elle pas plutôt un signe extérieur visible de désamour envers l’actuelle UMP en général et ses dirigeants en particulier ? Un an après sa victoire, le Président semble porter sur sa majorité comme sur l’UMP le regard sévère d’un général qui juge ses troupes défaillantes et incapables de mener à ses côtés les grands combats de son mandat.
Car Nicolas Sarkozy, contrairement à ses prédécesseurs, n’a pas raccroché après sa victoire. L’adversité aurait même tendance à galvaniser sa détermination à mener d’autres combats. Premier d’entre eux, reprendre la tête de son camp pour rallier tous les Français à lui plutôt que de s’éloigner de son parti et de revêtir l’habit moins partisan du "Président de tous les Français". Il y a donc fort à parier qu’il ambitionne plus que jamais de livrer d’autres batailles victorieuses.
Constitutionnellement élu de belle manière, Nicolas Sarkozy semble paradoxalement toujours candidat au poste de leader de sa propre majorité. Alors que ses idées ont et continuent à convaincre une large majorité de Français, l’homme reste contesté, y compris dans son propre camp. Ce sentiment - souvent évoqué par le passé - de ne pas être assez reconnu par les siens, a donc fait, en cette soirée du 6 mai 2008, détourner le regard du Président des grognards de 2007.
Décidément une semaine très politique.



