L'édito

03/02/10
Un chapeau trop grand
Les chiffres, comme les faits, sont têtus : les collectivités locales ne sont pas responsables de la situation dramatique de nos finances publiques.

À l’heure où l’État serait tenté de surévaluer la part de responsabilité des collectivités dans la situation de déficit du pays, quelle est leur part dans la dépense, le déficit et la dette de la France ? Actuellement, la somme des dépenses publiques dépasse 1 000 milliards d’euros par an, soit plus de 54 % du PIB. Les dépenses de l’État et de ses “opérateurs” représentent 35 % de ce montant total, celles de la Sécurité sociale, 45 % et celles des collectivités, environ 20 %. Cette première indication permet de relativiser les éventuelles conséquences de dérapages de la dépense publique locale.

Depuis 2002, l’État a effectivement su limiter la hausse de ses dépenses à l’inflation. Mais cette règle n’a pas été respectée par sa myriade d’opérateurs, dont les budgets ont augmenté d’environ 10 % depuis 2007. Parallèlement, les dépenses des organismes sociaux ont continué à augmenter : les seules dépenses d’assurance maladie ont progressé de 80 % depuis 1997. De leur côté, les dépenses des collectivités ont augmenté en moyenne de 5 à 6 % par an au cours des dernières années. Des dépenses, hors investissements, toutes financées par l’impôt, puisque les collectivités sont tenues de présenter un budget de fonctionnement à l’équilibre. Des dépenses qui n’ont donc que peu contribué à creuser le déficit, et donc la dette, qui atteint aujourd’hui 1 457 milliards d’euros, passant de 20 % à 83,2 % du PIB en trente ans. L’État et ses opérateurs sont responsables de 87 % de cette dette, la Sécurité sociale de 3 % et les collectivités de 10 %.

Voilà quelques chiffres à rappeler, au moment où l’État fait un mauvais procès à des collectivités qui ont globalement été plus vertueuses que lui et qui ne sont que marginalement à l’origine de l’impasse financière du pays. Décidément une semaine très politique.