Des députés, incarnant l'aile libérale de l'UMP, veulent rendre au Parlement ce que le gouvernement veut attribuer à la Cour des comptes : le soin d'évaluer les politiques publiques. À la surprise de nombreux élus, le texte sur la réforme des institutions, présenté il y a un mois en Conseil des ministres, avait gommé ce point important, qui figurait pourtant dans les recommandations du comité Balladur et dans l'avant-projet de loi. La commission des Lois avait aussitôt corrigé le dispositif initial, en stipulant que le Parlement "vote la loi, contrôle l'action du gouvernement et concourt à l'évaluation des politiques publiques". Pas suffisant pour une cinquantaine de députés UMP, qui souhaitent l'inscription dans la Constitution d'un office parlementaire de contrôle des politiques publiques. Ils ont annoncé leur intention de défendre un amendement en ce sens. "Nous voulons que le Parlement ait la capacité autonome de concourir à l'élaboration des politiques publiques, il s'agit d'un sujet majeur dans l'équilibre de nos institutions", plaide Louis Giscard d'Estaing. Selon Jean-Michel Fourgous, "comme il n'y a pas de contrôle efficient, la France est l'un des pays où l'on a la plus grosse progression de dépense publique". Ce point de vue n'est pas partagé par le Parti socialiste, mais le député UMP des Yvelines souligne toutefois qu'il y a "consensus" avec le PS sur la nécessité d'un contrôle parlementaire… Cet amendement, également appuyé par le think tank libéral IFRAP, vise à atténuer la montée en puissance de la Cour des comptes qui inquiète tout autant Bercy que les parlementaires spécialistes des questions budgétaires.