“Un jour, j’irai faire du fric.” Nicolas Sarkozy y pense, et pas seulement en se rasant. La soirée au Fouquet’s annonçait la couleur. Le gotha du CAC 40 était réuni dans le “temple du bling-bling” parisien. Argent décomplexé, pouvoir et célébrité s’imposaient comme les nouveaux piliers de la devise républicaine. Après un an de strass et de paillettes, Renaud Dély (Marianne) et Didier Hassoux (Le Canard enchaîné) se sont amusés à disséquer la vénération de Nicolas Sarkozy pour l’argent. Pour eux, la “rupture” annoncée réside dans “le rapport étroit qu’il entretient avec l’argent”. Le mot d’ordre est clair : “l’argent, ça compte” pour ce “Petit Chose” qui “n’a pas de fortune personnelle”. Rolex au poignet et Ray-Ban sur le nez, le Président affiche avec décontraction ses week-end à la Lanterne et ses vacances luxueuses sur le Paloma. “Comme les enfants, il aime deux choses : le chocolat (…) et tout ce qui brille”, racontent les auteurs sur celui qui affirme que, “pour l’instant”, il “fait Président”. Mais comme pour se dédouaner, Nicolas Sarkozy assure qu’il arrêtera, dès la fin de son mandat. En attendant, il “soigne son pouvoir d’achat”, avec “deux augmentations de salaires en moins de six mois”, et son train de vie : renouvellement de la flotte aérienne “pour une centaine de millions d’euros”, “arrivée soudaine de petites mains” à l’Elysée pour 5 millions d’euros. Et, comme argent et pouvoir ne vont pas l’un sans l’autre, il s’entoure des grandes fortunes. P.-D.G. et jolies femmes, “nées avec une cuillère en argent dans la bouche”, Nicolas Sarkozy a finalement épousé “une vedette de papier glacé”. Car l’argent c’est aussi la célébrité. “Si le Président aime les people, (…), prend la pose du people, c’est parce qu’il est lui-même un people. Tout simplement.”
Calmann-Lévy, 232 pages, 17 euros.