"Le temps est venu d’un statut des langues et cultures de France. Le temps est venu de leur ouvrir grandes les portes de l’école, de créer des sociétés régionales de radio et télévision permettant leur diffusion, de leur accorder toute la place qu’elles méritent dans la vie publique." Une phrase prononcée par François Mitterrand, en meeting à Lorient, lors de la campagne présidentielle de 1981. Dans la foulée de son élection à l’Élysée, la licence de breton est créée, suivie en 1985 par le CAPES de breton, après un débat politique et parlementaire déjà très intense. Sept ans plus tard, en 1992, le Conseil de l’Europe adopte la Charte européenne des langues régionales et minoritaires. Dans le même temps, la France révise sa Constitution pour y faire inscrire à l’article 2 que "la langue de la République est le français". Et, depuis, c’est le blocage... En 1996, le Conseil d’État juge ainsi les termes de la Charte incompatibles avec ceux de la Constitution. Trois ans plus tard, le gouvernement Jospin appose pourtant la signature française au bas du texte controversé, mais le processus de ratification est stoppé net par une décision du Conseil constitutionnel rendue dans la foulée. Les Sages estiment notamment contraire à la Constitution "le préambule de la Charte, qui proclame un droit imprescriptible à pratiquer une langue régionale ou minoritaire non seulement dans la vie privée mais également dans la vie publique". Jacques Chirac refuse alors la révision constitutionnelle suggérée par son Premier ministre socialiste et le dossier est enterré. Jusqu’à ce que la réforme des institutions voulue par Nicolas Sarkozy vienne faire revivre l’opposition entre anti et pro langues régionales…